À lire uniquement s’il vous arrive de vous plaindre

Vous êtes passé par des expériences très désagréables qui vous ont gonflé. Vous en avez eu marre. D’ailleurs, vous avez partagé avec votre conjoint votre ras-le-bol. Malgré tout, vous réalisez que ça ne fonctionne pas. Vous faites face à une solution inefficace, pour ne pas parler de solutions au pluriel. Pourquoi votre solution a-t-elle té inefficace ? Sans doute, parce que vous avez utilisé deux outils : la plainte ou les reproches. Que pensez-vous de comprendre les raisons pour lesquelles ça n’a pas fonctionné ? Mieux encore, une fois que vous aurez compris, cesser d’employer une solution inefficace :-). Si vous êtes réellement intéressé par un changement, c’est Podcasts est là pour vous. 

Dans le même bateau

Je vous retrouve pour ce rendez-vous du jour parce que vous savez avoir opté pour une solution inefficace. Et malgré tout, vous continuez à les mettre en place. Et quand je dis « vous », croyais que j’ai fonctionné, comme vous, en mettant en place également une solution inefficace dans bien des cas. Bien entendu, je suis dans la même peau que vous, peau humaine, avec le sang qui coule et les mêmes travers. Contre des difficultés différentes des vôtres, mais je rencontre tout de même. Ce sont les miennes. 

Si je peux partager avec vous autour de la solution efficace, c’est en partie grâce à mes expériences qui vient de se mêler à des outils de formation en complément de ma formation de base. Par conséquent, je commencerai déjà par cibler un fonctionnement présent chez nous tous, qui avons tendance à opter pour des solutions, (qu’importe qu’elles soient efficaces ou non) mais avec la foi qu’elles le seront. 

Nul n’est besoin de preuve. Étonnant !

Ce qui est parti, vraiment étonnant, dans la solution que mettons en place quand trouvons une situation pénible, c’est que nous la mettons en œuvre sans avoir besoin de preuve de son efficacité.  Seulement, j’ajoute à cela, que nous sommes même capables, alors que nous constatons inefficacité,  de continuer à la mettre en œuvre comme si l’on continuait à nourrir l’espérance que cette solution finira un jour par porter des fruits. 

Alors d’aucuns pourraient me dire que c’est quand même génial de voir se manifester une telle confiance en une croyance. C’est une forme de fois, on a process dans lequel on s’auto-convainc en pensant, « ce n’est pas parce qu’elle n’a pas porté de fruits initialement qu’elle n’en portera pas ».

C’est bien cette manière de penser qui fait le lit de notre répétition régulière de la solution efficace. Du coup, ça nous exonère d’une remise en question quant à la pertinence de la solution mise en œuvre. 

Bien, au contraire, ça permet de s’ancrer dans une approche qui nécessite la répétition, l’entraînement et qui finalement, comme on a besoin de plusieurs coups de marteau pour enfoncer un clou, pourrait avoir besoin de plusieurs coups de marteau pour que la solution finisse par se montrer efficace. 

La prise de conscience décevante

Sans doute avez-vous eu raison de persévérer avant d’attendre un résultat. Seulement, parmi ces solutions mise en œuvre, vous êtes conscients que bien des actions essayées n’ont pas porté de fruits. Parfois, il en est ainsi depuis des années. Certaines choses sont répétées sans porter de fruits. 

Non seulement ce que vous répétez ne produit pas de résultats escomptés parce qu’aucune une étude, recherche, protocole ou pédagogie n’a été émis par un médecin, un psychologue, un psycho-praticien, un praticien en relation d’aide ou un spécialiste de la communication conjugale ou non ne l’a éprouvé. (En parlant de spécialistes de la communication, je pense à Dale Carnegie). Ce que vous avez mis en place, vous est venu comme ça, spontanément. Vous vous êtes dit, «  je vais faire comme. Ça va sans doute marcher ». Et gloups ! Ça n’a pas marché. 

C’est alors que commence à poindre une sorte d’incohérence mais il y a de la déception. En effet, on était persuadé, qu’en faisant ainsi,  ça allait amener des changements. Et on se trouve déçu, amer. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que cette déception à toute sa raison d’être. 

Un raisonnement qui pourrait permettre d’avancer 

En général, quand on applique une méthode, on attend de l’autre qu’il s’adapte à notre solution. On pourrait presque la pressentir comme la solution miracle. C’est certain, elle est la bonne. 

Avec un recul plus mature, on pourrait fonctionner, en se disant, « comme je vois que ça ne fonctionne pas, quels paramètres pourrais-je changer dans mon application de la solution ? ». Et pour pousser le raisonnement, un peu plus loin, on pourrait également penser, « si je changeai une dimension de ma démarche, cela entraînera possiblement des conséquences différentes, une autre manière d’être accueillie quelque part. Possible que la perception de mon conjoint sans trouve modifier.  ». Mais il est très rare que nous fonctionnons ainsi. 

La solution inefficace

La solution inefficace que je voudrais développer aujourd’hui, celle qui se trouve au sommet de toutes les solutions mises en œuvre. C’est le ‘couple’ : plaintes et reproches. 

Alors, me direz-vous, « on ne se plaint pas par plaisir en disant ‘et si je me plaignais’ ? ou bien « ça serait quand même sympa que je me plaignais un peu à son retour du boulot ! ». Personne ne se réjouit de se plaindre. On est en convaincu que ça mettra de l’ambiance à la maison, sous-entendant, une bonne ambiance :-). Personne ne fonctionne comme ça. 

Vous avez toujours raison de vous plaindre

En effet, si vous vous plaignez, c’est que vous avez des raisons de vous plaindre. Et je dirais même, vous avez toujours raison de vous plaindre. Je le répète avec plaisir, vous avez toujours raison de vous plaindre. Si vous vous plaignez, c’est qu’il y a des raisons. C’est une autre manière de dire la même chose. 

Ne pensez donc pas que je pourrais aller dans une direction consistant à dire que vous vous plaignez à tort. Ce n’est pas vrai. Ça ne tiendrait aucunement la route. Personne entre vous deux pourrait souffrir à cette idée. 

J’entends, cela dit, que vous trouvez, difficile certains passages de vie. Vous ressentez donc l’envie irrésistible de condamner l’attitude de votre conjoint. Vous pointez à l’heure du doigt, ce que vous ne supportait pas. Cela peut viser ce qu’il fait comme ce qu’il est. Ah ! J’allais oublier ce qu’il ne fait pas ce qu’il n’est pas. 

Formuler des reproches et tout à fait naturel

C’est avec raison que vous nous avez de la peine à vivre. C’est avec raison que vous ne supportez pas ce qui vous paraît si lourd à porter. C’est donc tout à fait naturel que vous ayez cette propension à lui faire des reproches ou à vous plaindre. 

Que signifie se plaindre ?

Pour avancer, je voudrais m’arrêter sur la signification de se plaindre. Se plaindre, c’est exprimer son insatisfaction au sujet de quelqu’un ou de quelque chose. Ça veut dire que nous sommes tous concernés par cette nécessité. À bien y regarder, nous  sommes plus ou moins tous exposés à des insatisfactions dans l’attitude, les paroles ou l’absence d’attitude de quelqu’un. Donc finalement pour le prendre de manière plus large, on se plaint quand on a le sentiment de souffrir de l’attitude de quelqu’un ou de l’effet d’une chose.

Considérez votre souffrance avec sérieux

Si vous avez le sentiment de souffrir, je voudrais que vous considériez votre souffrance avec sérieux. La souffrance, c’est comme un signal d’alarme. Quand le voyant de cette dernière s’allume, c’est que vous avez intérieurement le sentiment d’être en danger. 

Cela dit, ce n’est pas parce que vous avez le sentiment d’être en danger que vous l’êtes réellement. Ça veut dire qu’il y a éventuellement un travail à faire sur la prise de conscience de sa propre souffrance. Prendre de la hauteur pour se dire, « j’ai le sentiment de souffrir, mais est-ce que ma souffrance est véritablement souffrance ou pas ? ».

En l’occurrence, vous ne pouvez pas faire ce travail sur vous-même tout seul dans bien des cas. Je veux dire que si vous vous mettez devant le miroir à vous interrogez pour savoir si votre souffrance est fondée ou non, vous pouvez en être dépassée incapable de répondre à votre quête.

Zoom sur la souffrance

Si votre souffrance est une impression de souffrance ou si elle est véritablement ancrée dans une souffrance, vous n’aurez pas la réponse. Et en fonction de votre tempérament, vous pourrez vous dire, « mais non, finalement, je suis plutôt tenté de me plaindre parce que j’aime le faire.

Ce n’est pas une réelle souffrance qui m’y conduit ». Ou bien, « non, je ne vais pas me plaindre, même si j’ai le sentiment qu’il y a la souffrance parce que se plaindre n’est pas bien » ou bien « je suis fort, donc je ne vais pas manifester de souffrance au point de me plaindre», ou encore, « je me plaindrais en essayant de minimiser mon impression de souffrance ». 

Peut-on trouver des voies qui permettraient d’éviter de nous retrouver face à notre souffrance ? Sans doute, mais je vous rappelle que vous n’êtes pas bien placé pour regarder votre propre souffrance. Vous avez besoin que quelqu’un d’extérieur vous entende et, qui plus est, quelqu’un qui soit formé pour comprendre à quel point la souffrance exprimée relève d’une souffrance véritablement ancrée et qui mérite d’être traitée, soulagée. 

Ce sera alors l’occasion de faire une différence entre une souffrance de surface et une souffrance de fond. Je ne m’arrêterai pas davantage dans le détail sur la nuance entre ces deux souffrances-là. J’insiste toutefois, sur votre éventuel besoin de faire le point sur votre souffrance.

Je tiens à ce que vous bénéficiez d’un regard aidant qui vous permette de mieux comprendre la raison pour laquelle vous souffrez. Surtout, quelle est la souffrance de fond et qu’est-ce qu’elle veut dire et qu’il a conduit à se manifester par une pluralité de souffrances de surface ? 

La surface révèle le fond

Avant de m’arrêter sur ce point, je présume que vous avez déjà compris que la surface révèle le fond. Ça ne fonctionne pas dans l’autre sens. Si vous vivez une souffrance de fond, elle se manifestera de plusieurs manières en surface. Si vous vivez une souffrance de surface, il est fort probable qu’elle soit corrélée à une souffrance de fond, mais que cette souffrance de surface pourrait se manifester de plusieurs de manières. Par conséquent, il est préférable de ne pas s’arrêter sur la symptomatique de la souffrance de surface, mais d’aller sur le fond. 

Mais, si l’on s’arrête sur le symptôme de surface, on ne travaillera pas sur la souffrance de fonds. De fait, elle continuera à se manifester par des biais selon son gré. C’est pourquoi je tiens à ré-insister sur le fait que systématiquement, quand vous vous plaignez, il y a une raison. Je dirais même une bonne raison, même si elle est subjective. La plainte  dit quelque chose de vous, une chose qui ne fonctionne pas où dysfonctionne sur votre regard. 

La plainte et ses acolytes

Pourquoi la plainte ne fonctionne pas ? Pourquoi est-il à considérer comme une solution inefficace ?

Avant de répondre à cette question, je voudrais quand même m’arrêter sur le reproche. J’ai envie de dire qu’il est le verso de la plainte. Certains me disent, « mon conjoint se plaint tout le temps », alors que d’autres expriment, « mon conjoint me fait systématiquement des reproches ». Personnellement, j’ai choisi de prendre ces deux aspects comme le recto et le verso de la même solution inefficace. 

D’ailleurs, une alternative à la plainte ou au reproche pour être la récrimination. Il arrive que certains fassent la nuance en disant, « je ne fais pas de reproches. J’exprime juste ma désapprobation, mon insatisfaction ». Il est tout à fait entendable que certaines personnes attachent une nuance de forme aux reproches. Leur perception du conduit donc à argumenter que, quand ce qui est exprimé n’a pas une forme qui correspondrait aux reproches, ce n’est pas un reproche pour eux. 

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :   S’il/elle m’aime il/elle devrait…

Opter pour le terme récrimination et ses synonymes permet de faire fi quelque part de la manière de le dire, en mettant l’accent sur le fond qui révèle un mode de défense, d’ailleurs. 

Du coup, que l’on choisisse plaintes, reproches, récriminations, manifestations d’insatisfaction, on reste installer dans la solution efficace. On traite donc à peu près de la même chose. 

Pourquoi la plainte est-elle inefficace ?

En quoi manifester son insatisfaction serait une solution inefficace ? 

La manifestation, l’expression d’une insatisfaction, n’est pas une approche relationnelle. Elle est une solution visant à se faire du bien à soi en tant qu’émetteur de l’expression. Mais elle fait du bien d’abord (et uniquement) à l’émetteur, dans les faits. Dès lors, je dirais que l’émetteur est le bénéficiaire premier et exclusif de la plainte. 

Et se dire que, quand j’ai dit à mon conjoint, « j’en ai marre que tu arrives en retard quand tu sors du boulot, que tu ne me dises pas à quelle heure tu penses arriver. Moi, je suis là, je t’attends et on est là avec les gosses à ne rien faire, quoi ! C’est pénible ». Entendez-vous la plainte ? 

Selon votre sensibilité, qu’il s’agisse d’une plainte ou d’un reproche, le fait d’avoir prononcé ce propos a fait beaucoup de bien à la personne qui l’a formulée. Ça n’a, sans aucun doute, pas fait de bien au conjoint, nous sommes tous d’accord ! 

Imaginez-vous une femme en train de penser, « quand je rentrerai à la maison ce soir, puisque je n’ai pas prévenu mon mari de mon retard à venir, il pourra m’exprimer son insatisfaction et ça va me faire du bien de l’entendre ainsi mécontent !». 

Comprenez-vous à quel point la plainte n’est pas bénéfique pour la personne qui l’entend exprimer à son encontre ? Personne ne pourrait se surprendre à ressentir, « comme c’est bon, c’est savoureux. Je trouve que c’est une expérience forte et plaisante sur le plan émotionnel d’entendre une plainte ou des reproches. ».  C’est ce qui fait que d’emblée, ça squeeze la piste de la solution relationnelle. 

La condition sine qua non pour une solution optimale

Quand il est question de trouver une solution, ce qui est intéressant, c’est que les deux parties en présence en tirent un bénéfice. Or, dans la plainte et le reproche, un seul des membres du couple en tire un bénéfice. L’autre se retrouve avec un seau d’eau sur la tête ou avec des scarifications morales.  

Admettez avoir parfois des éclairs brûlants dans le regard. Il vous arrive d’avoir recours au mutisme ou à la bouderie (écouter le podcast. « Mon conjoint boude »). 

Prenant conscience que le fait de me plaindre, de récriminer et de faire des reproches participe ou consiste à me placer en bénéficiaire exclusif, quelque chose de changé est-ce qu’il est question d’amour dans le couple. Il n’est donc pas acceptable qu’un seul des conjoints tire bénéfice d’une situation.   

Comprendre que se plaindre est une « solution » pour se faire du bien sans prise en considération de l’autre dans la relation conjugale peur améliorer le bonheur conjugal.  

Faites-vous du bien sans faire de mal

Faites-vous du bien, bien entendu, seulement ne le faisons pas en pensant que ça va faire du bien au couple si c’est agir en l’utilisant la solution de la plainte. Désormais, vous savez avoir tort. Je ne connais personne qui m’ait dit en thérapie conjugale, « Pascal, vraiment, j’ai du plaisir quand mon conjoint me dit son insatisfaction parce que je trouve ça vraiment enrichissant. De plus, c’est très très bon pour notre relation conjugale ». Personne ne m’a tenu ce discours. Cela vous étonne-t-il ? 

J’ai plutôt des conjoints qui me disent, « écoute, vu les plaintes, je suis l’objet, je n’ai plus envie de coucher avec lui » ou « vu ce que j’ai entendu, j’ai envie de rentrer plus tard du boulot » ou encore, « vu son attitude de reproches, de récriminations et de remarques répétées, il y a des choses dans la maison que je n’ai plus envie de faire. Du coup, j’ai démissionné mentalement ou même parfois très concrètement de certaines choses pour ne pas entendre de remarques ou de reproches ». 

Il est aisé de comprendre les raisons pour lesquelles, pour moi, les plaintes et les reproches sont davantage des poisons, une sorte de venin. Choisis un dessein d’employer le terme du « venin » parce que je trouve qu’il est intéressant. Étant donné qu’elle reproche les plaintes sont des expression verbale, cela permet de me rapprocher aisément de la symbolique du venin. 

Un phénomène de purge

Quand on fait des reproches, j’aimerais que l’on visualise l’idée que ça fait du bien parce qu’on a vit une purge intérieure grâce à ce que l’on sort de soi. Je vous renvoie vers le travail de Marshall Rosenberg, le fondateur de la Communication non-violente, pour lequel je vous invite d’ailleurs à lire le livre « Les mots sont des fenêtres ou bien ce sont des murs ». 

Marshall explique combien il est nécessaire de se séparer du reproche et de la plainte tant ils sont inefficaces. Il n’est pas le seul à le partager, mais comme j’ai pensé à lui, je vous le partage. 

Vous souvenez-vous pourquoi c’est inefficace ? Parce que ça ne produit du bénéfice que pour soi-même, avons-nous vu. À présent, je peux ajouter que ça jette du venin dans la relation. Ainsi, l’autre reçoit des baffes, des claques, des flèches, des critiques, des éclairs, du crachat et tout ce qui nous libère tout en empoisonnant sa vie.

Ne pensons pas que, quand nous exprimant une plainte, votre partenaire ne reçoivent que notre rage, un reproche ou une remarque, ou une plainte comme. Ça va beaucoup, loin pour lui, sur le plan psycho émotionnel. Aucun conjoint ne s’est exprimé par, « Oh comme c’est beau de le voir m’aimer comme ça, par la plainte !». 

Le pour une nouvelle méthode

Prenant compte de la pourriture que l’on déverse dans son propre couple, il est temps d’employer une autre méthode. Mais laquelle ? Qu’est-ce qu’on pourra instaurer à la place avant d’aller vers ce qu’on va mettre à la place ? 

La toute première chose que je vous demande et de poser votre démission. Démissionnez de votre volonté de vous plaindre et de faire des remarques, des reproches ou des récriminations. En disant cela, je me place vraiment aussi dans le lot des destinataires de cette invitation à démissionner. Vraiment. En effet, combien de fois me suis-je dit que je n’aime pas me voir comme ça. Je n’aime pas agir comme je le fais quand je cumule les rouspétances. 

Il peut arriver que je ne me rendent même pas compte que j’exprime de la plainte des reproches. C’est tellement facile et naturel pour moi ! C’est après coup, c’est-à-dire, une fois les propos prononcer que je prends conscience du débordement. Je me dis alors, « je n’aime pas me voir fonctionner comme ça ». 

Soyons clair

Attention, soyons bien clair. Je ne partage pas ici une préoccupation par rapport des manières de penser, de ressentir des émotions. Non, c’était vraiment en ciblant le verbal que je m’en rends compte. C’est après avoir fait preuve d’un manque de patience, d’un agacement que je réalise mon acte. J’ai entendu certains mots sortir de ma bouche à l’adresse de mon épouse. De ces choses que je n’aime pas m’entendre dire. Je n’aime pas faire ça.

En plus de ne pas aimer le formuler, prenant conscience d’être dans un dysfonctionnement, de pratiquer une solution efficace, je deviens témoin, d’autres choses : sa souffrance en accueillant ce que je lui dis. Or, je n’aime pas la voir recevoir ce que j’émets de la manière dont elle le fait. 

Évidemment, vu la manière dont j’ai formulé mes pensées, elle n’a pas à sa disposition une multitude d’options avant de ressentir de la souffrance. 

Quelles solutions mettre en place ?

Chercher à comprendre limite les plaintes

1. La première pourrait consister à chercher à écouter pour comprendre. Pour approfondir le sujet,  je vous renvoie vers le podcast que j’ai enregistré dans lequel j’aborde les douze obstacles à la communication. Opter pour chercher à comprendre, mais davantage l’accent sur la formulation de questions plus que de plaintes.

Ainsi, il est possible de corréler la souffrance ou ses souffrances de fond à des manifestations de surface. En effet, il peut y avoir un, voire deux gros noyaux bien enfouis en profondeur et qui favorisent la manifestation de plusieurs souffrances. Or, ces dernières s’est manifesteront généralement par des remarques et des plaintes.

Par exemple, supposons que j’ai le sentiment d’avoir été indifférent pour mes parents. J’ai le sentiment d’avoir eu bien mon importance que je l’aurais voulu. Non, je ne valais rien à leurs yeux. J’étais un incapable et je n’ai pas entendu d’encouragements, de paroles valorisant mes initiatives, mon travail, ma personne, mon physique. Cela m’a conduit agrandir dans une ambiance imbibée d’un manque de valorisation. 

La transplantation d’une souffrance peut conduire à la solution efficace

Il est fort probable que dans ma relation conjugale, j’ai ramené cette souffrance de fond. Comment se manifestera-t-elle ? : 

  • Se manifestera-t-elle par une envie que mon conjoint valorise chaque chose que je fais ? 
  • Que s’il me fait une remarque supposée négative, je me sente au troisième sous-sol ? 
  • Est-ce que se manifestera par une volonté de briller en permanence pour pallier l’impression d’être nulle, de ne pas être à la hauteur, d’être incapable ?
  • Que si je ne parviens pas à susciter les applaudissements, j’ai le sentiment de rater quelque chose ? 
  • Est-ce que ça se manifestera par l’impression qu’il est préférable de ne rien faire que de se tromper ? Parce que si je fais quelque chose et que ce n’est pas suffisamment brillant, j’aurai l’impression de ne rien valoir. 
  • Ainsi, je me camperais dans une posture démissionnaire et probablement même d’échec même si c’est ‘un choix’ inconscient. Une façon de faire en sorte que tout ce que je fais ne fonctionne pas bien. 
  • Cela pourrait peut-être permettre que je reçoive l’invitation des autres à relativiser, en me disant, « écoute, non, ne le fais pas, je m’en occuperai » ou bien « on va demander à quelqu’un d’autre ». 

Je vous ai dressé juste quelques manifestations d’actions et d’attitudes souffrantes qui sont en relation avec la même souffrance de fond. Mais on pourrait multiplier les exemples rattachées à cette même mono-souffrance de fond. 

emerveillez-vous à deux

Apprendre à formuler des demandes

2. La seconde alternative à la solution inefficace, c’est d’apprendre à formuler des demandes. Nous pensons savoir formuler des demandes alors que c’est loin d’être le cas. Nous ne savons pas le faire parce que nous n’avons pas appris. Et ce qui est encore plus difficile, c’est que nous pensons savoir. Par conséquent, nous avons une tendance naturelle est réfractaire à l’apprentissage de quelque chose que nous pensons savoir.

Or, il est vraiment temps pour nous deux savoir pourquoi et comment formuler des demandes. Et le fameux pourquoi prend tout son sens. 

Pourquoi formuler une demande ?

Quelquefois, on formule des demandes sans savoir pourquoi. Donc, évidemment, on obtient une réponse différente nourrissant ainsi de l’insatisfaction. A contrario, si l’on sait pourquoi en formule une demande, des choses deviennent plus facile. Il devient plus aisé de limiter le risque de nourrir une insatisfaction. 

Quelle posture adopter en tant que demandeurs ?

Tout simplement, en faisant en sorte que la fameuse demande formulée soit vécue en toute liberté par l’autre et participe à faire en sorte que le couple vive non plus une tension, mais une construction conjugale. Dans le prochain podcast, je prendrai le temps de m’arrêter la formulation des demandes.

D’ailleurs, si vous avez déjà des pistes ou des outils que vous avez lu, que vous avez assisté à des séminaires ou des formations pour apprendre à formuler des demandes, je serai ravi de connaître votre expérience en off, dans les commentaires ou par retour d’e-mail. 

Ensuite, si en plus vous avez lu le livre de Marshall Rosenberg et que vous avez choisi de récupérer des outils de ce qu’il présente, vous pouvez revoir vos notes avant notre rendez-vous prochain Est-ce validé. 

Avant de nous retrouver pour le prochain podcast, prenez le temps de vous entraîner pour faire en sorte que la plainte et les reproches se retrouvent congédiés. Manifester une volonté concrète  de chercher à comprendre. 

émerveillement

Exercice complémentaire

Je ne vous laisse pas sans vous demander de faire également un travail pour identifier la souffrance de fond qui se manifeste par des souffrances plurielles de surface avant qu’on se retrouve pour apprendre à formuler des demandes. 

Prenez soin de votre couple, s’il vous plaît. Je tiens à votre construction conjugale, pour qu’elle soit belle, de la beauté de l’amour au quotidien. Je sais que certaines tensions vous conduisent à avoir le sentiment d’être dans une impasse ou au bout d’un chemin. Si c’est le cas, vous savez que vous pouvez me demander de vous accompagner. Je le ferai avec plaisir. 

Pour cela, cliquer sur le lien ci-après : je vous accompagne. Puis prenez rendez-vous en ligne. 

Avec vous, je pourrais mesurer la situation. Voir si vous êtes effectivement au bout d’une impasse, ce qui est souvent probable. Ou si vous êtes juste au début de l’impasse et que vous pouvez faire demi-tour, ou, mieux encore, créer d’autres chemins dans l’impasse pour en sortir et faire en sorte que grâce aux clés que je vous donnerai, vous soyez en mesure de continuer à construire votre bonheur conjugal. 

Je vous souhaite des beaux moments et je vous dis à très bientôt. 

Bye bye ! 

9 commentaires


  1. Je vais juste répondre sur cette partie :
    « « Ce que vous avez mis en place, vous est venu comme ça, spontanément. Vous vous êtes dit, « je vais faire comme. Ça va sans doute marcher ». Et gloups ! Ça n’a pas marché. »

    Peut-être que ce sera en décalage avec le reste de l’article ?

    Parfois, on a pas fait les choses spontanément. On a pu se former, c’est mon cas : j’ai fait les 3 modules de base en CNV, j’ai participé à un groupe de pratique jusqu’à sa dissolution. C’était y’a quelques années ; j’ai un peu perdu depuis. 😊

    Mais le fait est que parfois on fait au mieux, du moins on essaie… et ça ne fonctionne quand même pas.

    Parce que l’autre est de mauvaise foi (oui, c’est un jugement 😊), ou il ne fait pas d’effort de son côté, ou il n’est pas engagé comme vous dans un processus de collaboration…
    Je ne sais pas. Ce n’est pas facile de savoir ce qui se passe vraiment chez l’autre.

    J’en ai eu assez, à un moment, d’être celle qui essaie, qui cherche, qui… alors j’ai simplement décidé de m’occuper de moi et plus de l’autre.
    Et surtout plus du couple, donc.

    C’est vrai : c’est pas génial. Mais ce n’est pas pire.

    je ne sais pas si ce genre de sujets sont traités sur le blog ; des sujets du style : jusqu’où faut-il travailler sur soi ?
    Quand est-ce qu’on arrête ?
    Comment savoir ce qui dépend de nous et ce qui dépend de l’autre ?

    Je reviendrai lire par ici.

    1. Question : penses-tu que la plupart des couples s’engage de concert vers une thérapie ou un travail conjugal ? Non. Quasiment systématiquement, l’un des membres du couple a alerté son partenaire depuis des mois ou des années avant qu’un travail collectif s’engage. Que l’autre ne fasse pas d’effort est secondaire et n’empêche pas un travail conjugal ou de l’un des conjoints.

      J’entends que tu as décidé de cesser de t’occuper de toi et plus de n autre ni du couple. Et c’est sans te rendre compte que tu t’auto-sabotes sans doute.
      Vous êtes une équipe qui prend l’eau.

      Tu m’interroge la sur des sujets abordés. Celui qui traite de la responsabilité du problème, de la part de l’implication sont sur le blog. Utilise la loupe en tapant les mots clés qui te viennent. Tu trouveras.

      Avant de te laisser, je t’invite à reprendre la décision d’investir dans ton couple. Ce sera aussi une façon de t’aimer et de prendre soin de toi.

  2. Merci pour cet article complet qui amène à réfléchir sur nous même et nos besoins pour apporter ce que l’on a de mieux à offrir à notre couple.

  3. Bonjour, quel sujet complexe, le couple, pas évident. Perso j’ai lâché l’idée de vivre en couple et même d’être en couple. Merci pour tes conseils, cela me permet de comprendre mes expériences.

    1. Quel dommage d’avoir lâché l’idée, Raphaël. Que fuis-tu ? De quoi as-tu peur et qui se trouve en toi, bien entendu ? Ne cherche pas dans la direction de « j’ai peur que l’autres… ». Surtout pas. Interroge-toi vers « j’ai peur parce que je… ». Ok ?
      Prends ce temps de travail par écrit. Et si tu le souhaites, je reste à ton écoute pour un rendez-vous

  4. Article super intéressant 😉

    Cela me fait penser à ce qui pourrait être proposé en gestion mentale sur ce type de situation. Qu’en penses-tu?

    Imaginons un couple où l’un des partenaires, Alex, a du mal à communiquer efficacement ses sentiments. Dans d’autres domaines de sa vie, comme dans son hobby de jardinage, Alex excelle en observant attentivement les plantes et en ajustant ses soins en fonction de leurs réactions. En utilisant les principes de la gestion mentale, Alex pourrait être encouragé à transférer cette capacité d’observation attentive et de réponse adaptative à sa relation. Par exemple, au lieu de se concentrer uniquement sur ses propres sentiments, Alex pourrait apprendre à observer les réactions de son partenaire, à les interpréter correctement et à adapter sa communication en conséquence.

    Ce transfert de compétences pourrait aider Alex à améliorer sa communication dans la relation, en tirant parti des compétences cognitives déjà développées dans un autre domaine de sa vie, comme suggéré par la gestion mentale​​. Cela pourrait potentiellement conduire à des interactions plus harmonieuses et à une meilleure compréhension mutuelle au sein du couple, illustrant ainsi comment une meilleure compréhension et gestion de ses propres processus mentaux et ceux de son partenaire peut conduire à des solutions plus efficaces dans les problèmes relationnels.

    1. 100% d’accord avec ton illustration.
      Le fait est qu’Alex possède la croyance qu’il a beaucoup à apprendre sur les plantes qu’il observe pour en prendre soin au point de développer une passion, c’est à dire littéralement, une propention à souffrir s’il se voyait empêché d’apprendre le soin par l’observation, entre autres.
      Seulement, les Alex qui nous entourent ne possèdent pas le croyance qu’ils ont beaucoup à apprendre de leur partenaire. Ils pensent savoir, pouvoir s’en sortir au feeling. Et quand la plante conjugale montrent des signes de faiblesse, la faute est imputée au partenaire, a pas de chance ou à l’incompatibilité (une autre façon de parler de « pas de chance »).
      La révolution conjugale que j’appelle se fonde sur la nécessité de VOULOIR apprendre les principes de la vie conjugale ET comment accéder au mode d’emploi de son conjoint. Chose très difficile à faire accepter. Cela implique une responsabilité.
      On n’aime pas être responsable des bugs 😉

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