Je suis ravi de vous accueillir pour poursuivre l’aventure que nous avons commencée autour de la tendresse. Ça fait bientôt un mois que nous avons commencé. Il ne me reste plus qu’aujourd’hui et demain pour terminer ce mois de la tendresse. Et je vais poursuivre aujourd’hui avec la tendresse qui craint l’injonction.

Je voudrais commencer par remercier Laura, du blog Mademoiselle Laura. Elle m’a particulièrement remercié du fait que je mentionne son blog dans l’émission d’hier dans laquelle je vous proposer d’offrir des cadeaux immatériels. Une manière d’offrir des cadeaux tendresse qui ne rentrait pas dans des cases dévaluation possibles. Alors, sache Laura, que c’est avec plaisir que j’ai mentionné ton travail. Et je suis ravi que ça te fasse plaisir. J’ai trouvé des choses intéressantes et je vous encourage, si vous voulez aller visiter son blog à aller le faire. Il vous suffit de cliquer sur le lien suivant : « Mademoiselle Laura.

L’injonction s’oppose à la liberté

Aujourd’hui, nous continuons avec l’idée que la tendresse craint l’injonction.

J’ai entendu plusieurs célibataires soit qui le sont depuis toujours soit, qui le sont devenus suite à une relation de couple pour laquelle ils ont décidé de ne plus jamais se remettre en couple. Ils parlaient d’injonction comme d’une chose qui a pourri leur couple.

J’entends aussi certaines personnes dire qu’il leur est difficile de vivre les injonctions. Ils le disent convaincus qu’ils perdraient leur liberté en se mettant en couple. Ils se disent « j’aurai des obligations et des demandes formulées qui feront que je devrai faire ceci et cela. Ne pas faire ceci ou cela. Ne pas sortir quand je veux… ». Cette idée de l’injonction est véritablement un poison.

Confessions intimes

Je le dis aussi en connaissance de cause puisque, comme je l’ai déjà abordé dans une émission que j’ai faite, je suis quelqu’un d’exigeant. J’ai des attentes, des demandes et ce n’est pas toujours évident de faire face à quelqu’un qui fonctionne ainsi. J’ai travaillé pour apprendre à faire face à cette situation et me rendre compte que c’était un obstacle à la tendresse. 

C’est aussi une des raisons pour lesquelles je le partage avec vous en toute transparence. Je ne voudrais pas que vous tombiez dans le même panneau que moi et que vous ayez les mêmes problèmes. Évidemment, votre profil de couple reste différent du mien et je voudrais que vous viviez votre couple en vous défaisant le plus possible de l’injonction.

Parfois, on a tendance à dire que le plus problématique se situe au niveau de l’injonction paradoxale.  Il y a des raisons de penser cela, mais l’injonction tout court est aussi un problème.

L’injonction peut être un problème en soi, en ce sens qu’une personne aura tendance à mal accepter qu’on lui demande quelque chose qu’elle n’a pas choisi de faire spontanément. Elle peut être également un problème en termes de fréquence, quand la quantité de demandes est trop importante. 

Quelle différence y a-t-il entre une injonction et une demande ?

La question se pose de savoir pourquoi il y a injonction au lieu d’une demande. Quelle différence y a-t-il entre une injonction et une demande ?

La demande a pour objectif de formuler une attente dont les deux membres du couple seront bénéficiaires, en tenant compte de l’identité de l’autre. On va prendre en considération ses capacités, sa sensibilité, ses goûts. 

Alors que l’injonction aura tendance à être plus égocentrée. On tiendra moins compte de l’autre, de ses capacités, de ses tendances. La demande sera centrée sur ses propres intérêts.

Vous comprenez du coup, en quoi cela perturbe la tendresse ! 

tendresse

Quand on formule une demande et que le conjoint y perçoit l’intérêt et qu’en plus, il acquiert la conviction de posséder les capacités et les aptitudes pour y répondre, on est dans le cadre de la demande. Parfois le conjoint a même la volonté d’y répondre. Il n’y aura dans ces cas-là aucun problème.

L’injonction est perçue quand la demande est formulée, parfois même sous une forme inadaptée, avec autoritarisme, et qui plus est, en faisant fi de la personne qui est en face. On ne tient pas compte de son profil, de sa sensibilité, de ses goûts, de son planning, de ses projets et préoccupations du moment. On entre alors dans le cas de l’injonction. 

Elle sera bloquante, en matière de tendresse. Il sera très difficile d’entretenir une relation de tendresse, voire impossible, en étant sous le poids de l’injonction. Pourtant, il est tout à fait possible de formuler des demandes, dans un couple, sans faire appel à l’injonction. On peut exprimer sa frustration, sa tristesse, et veiller à ce que la manière de le dire conduise le couple et éventuellement le conjoint, à comprendre ce qui est vécu. 

À partir de là, il est envisageable de mettre en place un projet pour répondre à une demande sans passer par une injonction. Rien qui soit imposé à l’autre sans tenir compte de ses envies et projets et de tout ce que j’ai listé plus haut ! 

L’injonction paradoxale

Plus pénible que l’injonction, il y a l’injonction paradoxale, dit-on, bien que les avis divergent sur cette évaluation. L’injonction paradoxale consiste en une approche qui ressemble à un étau, elle bloque l’autre dans son impossible. 

Je prends l’exemple d’une maman qui offre deux cravates à son fils, une bleue et une rouge. Son fils est ravi, et la remercie. Le fils est décidé à rendre visite à sa mère une semaine plus tard. Or, pour lui faire plaisir, il choisit de porter une des deux cravates. Il choisit donc la cravate rouge. Quand il arrive chez sa maman, elle le regarde et lui dit « Ah, mon fils ! Je savais que tu préférais la cravate rouge. Tu n’aimes pas la bleue c’est ça ! ? » Vous voyez où se trouve la contrainte ? Cet homme se retrouve dans une situation dans laquelle il était impossible de porter deux cravates ! 

S’il avait porté la cravate bleue, il aurait déçu sa mère. Elle aurait dit « Ah mon fils ! Je savais que tu préférais la cravate bleue… ». Elle lui dit, quelque part, que si elle avait su, elle ne lui aurait offert que deux cravates bleues. En portant la cravate rouge, au fond de lui, il entend sa mère lui dire “Ah ! Je savais que tu préférais la cravate rouge”. Quelque part, elle lui dit “Si j’avais su, je ne t’aurais offert que deux cravates rouges”. Finalement, dans les deux cas, la maman se sent coupable. Et, dans les deux cas, le fils sent mal à l’aise ! 

Que vous alliez à droite ou à gauche, vous décevrez l’autre. Que vous fassiez ce qu’il vous demande en première intention ou en deuxième intention, il sera en colère, déçu, triste, frustré, mécontent, etc.  

Dites non à l’injonction, qu’elle soit paradoxale ou pas. L’injonction paradoxale ou non est un obstacle à la tendresse. Elle est même un obstacle à la continuité d’un couple sain. Elle participe à mettre des nœuds dans la relation conjugale. 

Comment identifier la présence de l’injonction dans une relation ?

Vous pouvez utiliser le signe de la souffrance, pour savoir si vous vivez ou non sous le coup de l’injonction. Quand vous avez une des impressions suivantes, suite à une demande de votre conjoint, vous êtes sans doute concerné : 

  • Souffrance,
  • Frustration
  • Déception
  • Obligation, 
  • Une sorte de contrainte ou une oppression
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Vous pouvez utiliser ses ressentis comme les signaux d’une relation dans laquelle s’est installée l’injonction.

Si c’est le cas, ne restez pas sans rien faire. Vous devriez entendre votre conjoint vous demander quelque chose et, même si vous n’avez pas a priori les capacités pour le faire, chercher à le comprendre dans une discussion sans ressentir les émotions que je viens de mentionner. Quand je parle d’une discussion, c’est bien d’un échange d’égal à égal, pour aller chercher les outils qui vous permettront d’identifier les moyens de répondre aux besoins exprimés. Vous pourrez ainsi mobiliser vos ressources et les mettre en œuvre. 

Si vous n’avez pas les ressources, vous devriez pouvoir exprimer votre inquiétude face a votre limitation de ressources. Parfois même, demander de l’aide pour trouver des ressources que vous ne savez pas mobiliser. Vous devriez vivre cette relation de manière très détendue, sans pression aucune.

Si vous percevez une contrainte, une souffrance ou une pression ou que vous vous sentez mal à l’aise ou triste, c’est sans doute que vous êtes dans l’injonction.

Sachez que ce fonctionnement participera à élimer votre tendresse, à la détendre et par là même, à la briser. Bien entendu, cela participera à créer un fossé dans votre relation conjugale en augmentant le risque de défaire votre couple. 

Que pouvez-vous faire quand vous prenez conscience de vivre dans l’injonction ?

Vous pouvez aller dans la direction de ce que Marshall Rosenberg recommande dans ce que l’on appelle la communication non violente. Vous pouvez commencer par :

  1. Observez votre souffrance. Ce sera le moyen d’identifier la situation. 
  2. Vous pourrez ensuite identifier vos émotions, ce que vous ressentez une fois que vous avez pu mettre des mots sur vos émotions.  Capturez ces mots pour vous demander comment formuler ce que vous ressentez.
  3. Vous pourrez ensuite continuer à vous centrer sur vous-même pour aller identifier vos désirs, vos besoins et attentes. Cherchez à identifier tout cela tant sur la manière dont la demande a été formulée que sur le fond de la demande. Ainsi, vous pourrez vous focaliser sur vos ressentis par rapport à ce que l’on attend de vous. 
  4. Et enfin, vous pouvez concrètement formuler une demande, en veillant à ce que celle-ci ne soit pas une injonction ;- ). Exprimez alors à votre conjoint ce que vous voulez. Dites-lui ce que vous attendez pour sortir de cette situation de souffrance. Et si, en plus, vous avez des outils ou des moyens pour lui permettre de mieux répondre à votre demande, donnez-les-lui.

Comment sortir de l’injonction ? 

Si vous êtes dans la posture de celui qui a tendance à formuler des injonctions et que vous percevez de la souffrance chez votre conjoint, vous pouvez aussi agir. Prenez la mesure pour trouver les moyens de sortir de cette démarche qui pour vous peut être complètement naturelle et inconsciente. L’injonction peut-être complètement involontaire. Peut-être avez-vous une manière de fonctionner ce qui, sans intention aucune, fait que votre conjoint peut sentir une pression. Par conséquent, si c’est le cas, abandonnez cette forme d’obligation et de contrainte.

Comment éviter de formuler vos demandes sous forme d’injonctions de manière à ce que votre conjoint les accueille avec bienveillance. 

  1. Premièrement, vous pouvez exposer vos demandes en les formulant de manière à ce que votre conjoint vous donne son approbation. Vous serez d’office ouvert à ce que votre conjoint ne sera pas d’accord avec ce que vous demanderez. 
  2. Disposez-vous à ce que votre conjoint exprime un malaise face à votre demande. Dites-vous qu’il peut aussi vouloir vivre les choses autrement. 
  3. Venez demander quelque chose avec une pré-ouverture qui peut instaurer un dialogue et une relation qui pourra enrichir la relation que vous avez.
  4. Ensuite, vous pouvez veiller à ce que, lors d’une demande, votre conjoint possède le plein potentiel et les capacités pour faire ce que vous lui demandez. Justement, la souffrance viendra si votre conjoint reçoit une demande et qu’il se sent frustré parce qu’il a le sentiment d’être incapable ou limité pour y répondre. Par conséquent, assurez-vous que votre demande présente des attentes qui soient à la hauteur de ce que votre conjoint peut vous donner. 
  5. Si vous vous rendez compte que votre demande dépasse les aptitudes de votre conjoint, travaillez de manière à lui apporter des moyens pour répondre à votre besoin. Ne le laissez pas démuni à devoir se débrouiller tout seul. Donnez-lui des éléments qui l’aideront à vous aider, finalement. 

Dévoilez vos intentions

Vous pouvez faire une autre chose très aidante : lui dévoiler vos intentions. Il n’y a rien de plus étrange et désagréable que d’être devant une demande qui en plus pourrait dépasser le cap de nos propres compétences sans comprendre la raison pour laquelle on nous demande cela.

Mettez vos intentions sur la table de manière à ce que votre conjoint comprenne votre demande. L’avantage de le faire est que cela vous oblige à être en phase avec vos intentions et vos besoins. Le deuxième avantage est que votre conjoint aura peut-être des idées pour répondre à votre intention et, par conséquent, à votre besoin. Peut-être même, des idées que vous n’avez pas eues. Or, ses idées peuvent être plus à sa portée que les vôtres. Du coup, il pourra vous les soumettre et peut-être, vous satisfaire.

Par conséquent : 

  1. Soyez à l’écoute de vos besoins. 
  2. Ensuite, formulez vos besoins de manière à ce que votre conjoint perçoive l’intention qui motive votre demande. 
  3. Donnez à votre conjoint des outils qui lui permettront de répondre quand vous avez la connaissance qu’il n’est pas en maîtrise des pleins potentiels pour le faire
  4. Veillez à la manière de dire les choses

Et si vous y mettiez les formes ? 

Sur ce dernier point, je sais que la forme n’est pas forcément prioritaire pour tout le monde. Mais il est évident qu’en mettant les formes à certaines choses, elles passent beaucoup mieux. Elles peuvent plus facilement être entendues. Il est évident que quand vous recevez quelque chose qui n’a pas d’épines partout, vous pouvez plus facilement le prendre en main pour prendre la direction souhaitée par votre conjoint. 

Votre conjoint sera mieux à même de vivre un partage qui réponde à vos besoins parce que vous aurez accepté de mettre l’injonction de côté pour donner la priorité à la relation. Dans l’injonction, il y a très peu de relations ! Elle est unilatérale. C’est vous qui dites et l’autre fait. Dans la demande, on est ouvert, on échange, on exprime, on accueille et on travaille ensemble en créant les moyens de répondre à des besoins.

Vivez cette demande. Mettez vos injonctions à la corbeille. Parlez-en avec votre conjoint. Vous pouvez simplement lui dire « chéri, on n’en a pas parlé, mais je voudrais avoir ton retour. Quand je te demande quelque chose, as-tu davantage l’impression qu’il s’agit d’une injonction (où tu te sens obligé de le faire) ou plutôt une demande ? Est-ce que tu sens une certaine difficulté à répondre à mes besoins ou à mes demandes ? Est-ce que la manière dont je te le demande génère une souffrance, de la frustration ou de la déception chez toi ? Que penses-tu de ma manière de demander ? » 

La tendresse craint l’injonction alors, tout simplement, échangez en couple pour voir où vous en êtes dans le but d’apporter des corrections, si nécessaire.

On arrive bientôt à la fin du mois la tendresse. On se donne rendez-vous demain, mais, d’ici ce soir, vous pouvez peut-être avoir cet échange avec votre conjoint sur le sujet de l’injonction et de la demande. 

Image par Tatyana Kazakova de Pixabay

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