Parce que les mots ne suffisent pas

Un conjoint dit «j’ai froid », ou encore « il est tard ». Il peut s’agir d’un autre qui dise « j’ai beaucoup aimé la soirée ». Ou enfin, « j’aimerais prendre plus de temps pour moi ». Voici quatre exemples qui manifestent la nécessité de comprendre la différence entre dire et vouloir dire. Un conjoint émet une pensée, un ressenti, une émotion, exprime une affirmation qui fait que l’autre peut accueillir ce message de différentes manières.

Soit il peut se dire « mon conjoint m’a dit quelque chose » et se focaliser sur l’information. Du coup, il prendra le contenu transmis en l’état, sans rien chercher de plus. « Elle m’a dit qu’elle a froid. D’accord, j’ai entendu. Merci ». Soit il s’interrogera pour chercher à comprendre ce que l’autre a voulu dire au-delà de la simple transmission de l’information. 

Est-ce du dire ou du vouloir dire ?Si je prends le premier exemple mentionné dans lequel un conjoint a dit « j’ai froid » est-ce du dire ou du vouloir dire ? Quelle est la différence entre les deux ?

Définition ce qu’est le dire 

Dire, consiste à donner une information, à transmettre une donnée. L’intention est de partager un point de vue et de permettre à l’autre de l’acquérir et d’en faire ce que bon lui semble rat.

En définitive, dans le dire, on est moins intéressé par la manière dont la personne accueillera l’information transmise. On centrera son attention sur soi, en tant qu’émetteur, avec une certaine indifférence, en focalisant notre attention sur la satisfaction de l’expression comme de la réception en l’état. 

Cette démarche ne signifie pas que l’on en a rien à faire de l’émetteur, mais parfois, on a juste besoin de dire et de savoir qu’elle a été reçue.

Dans ce premier domaine du dire, ou prêtera une attention plus légère au choix des mots. On dira les choses comme elles nous viennent. C’est du même acabit que « passe-moi le sel», «bonne nuit», «ça va, et toi ?» ou «le film est terminé ?». 

Restez attentifs

Dans chaque exemple que je viens de mentionner, il peut y avoir du vouloir dire même s’il est généralement secondaire.

Nous venons de définir le sens du dire qui met l’importance sur l’émetteur et sur la surface communicationnelle. Pour vous permettre de mieux comprendre ce que je veux dire en parlant de surface, disons que l’échange se vit dans l’horizontalité, de manière superficielle. On émet donc une information dans le but que l’autre reçoive les paroles exprimées. Éventuellement, il nous enverra un message en retour et nous émettrons, au besoin, de nouvelles paroles.

En l’appliquant au premier exemple, cela pourrait donner :

  • J’ai froid
  • Ah bon ! Tu trouves qu’il fait froid ?
  • Oui
  • Moi, ça va. 

On peut prendre le deuxième exemple pour illustrer une discussion un peu plus impliquée. 

  • Il est tard
  • Tu trouves. Veux-tu que l’on aille se coucher ?

Vous entendez que, même en restant dans le dire, cet exemple soulève un début d’interprétation. 

Cela introduit le vouloir dire. 

Définissons ce qu’est le vouloir dire 

Dans le vouloir dire, on ne prêtera plus d’attention à la seule surface, aux mots prononcés dans un : « j’ai froid », « j’ai beaucoup aimé la soirée », « il est tard »…, mais on centrera son attention sur une autre dimension qui, cette fois-ci, ne sera plus horizontale, mais verticale. On partira du principe que la personne qui émet cette information veut nous dire autre chose que les quelques mots alignés les uns à la suite des autres

  • Si je reprends l’exemple « j’ai froid », l’information de surface permet de savoir que mon conjoint a froid. Si je reprends le même exemple en entrant dans la verticalité de la relation, quand mon conjoint me dit « j’ai froid », je me demanderai ce qu’il veut me dire. Veut-il que je ferme la fenêtre ? 
  • Voudrait-il que je lui amène une veste ? 
  • Veut-il que j’augmente le chauffage ? 
  • Veux-tu que je vienne contre lui ? 
  • Souhaite-t-il que…

Et vous voyez, finalement, qu’en entrant dans le vouloir dire, on entre dans une dimension dans laquelle les mots choisis pour construire l’information énoncée ne sont pas suffisants. La phrase de départ sert de tremplin pour une relation, pour une communication plus approfondie.

A présent, vous percevez la différence entre le dire, l’émission de l’information de surface horizontale, et le vouloir dire, l’émission d’une information ayant pour but d’inviter à approfondir. Dans le vouloir dire, on fait de la spéléologie, de la plongée, on s’ouvre, alors que dans le dire, on peut rester fermé.

« J’aimerais bien prendre du temps pour moi » est une formation qui pourrait avoir pour seul objet de transmettre une information. Mais est-ce vraiment le cas ?

L’opportunité à saisir 

Il me vient alors une opportunité à saisir de vous interroger pour savoir comment vous vous situez. Quand votre conjoint vous dit quelque chose, le recevez-vous comme une information, un dire ? Ou avez-vous tendance à le recevoir comme une perche tendue pour créer une relation, entrer dans une discussion, dans un échange parce que vous êtes convaincu que votre conjoint veut vous dire quelque chose de plus profond ?  

Si vous estimez qu’il s’agit de dire, l’information est émise et la communication se referme. C’est comme si la bouche de l’émetteur se refermait après l’émission des mots et que les oreilles de l’émetteur se refermaient également dès réception de l’information. Par contre, quand il est question de vouloir dire, visualisez que la bouche de votre interlocuteur reste ouverte tout comme ses oreilles parce qu’il désire poursuivre l’échange. Il veut continuer à créer et, par conséquent, à descendre dans ce que j’appelle la spéléo ou la plongée sous-marine conjugale. 

Un moyen de limiter les frustrations 

Parfois, nous avons pris la parole pour dire quelque chose (en vouloir dire) en étant complètement inconscient que notre propre motivation de départ. De ce fait, nous avons débouché sur du dire

Si je reprends l’exemple « il est tard », après avoir émis cette information, j’irai me préparer pour aller au lit. Je peux ne pas être conscient de participer à générer de la frustration puisque, dans mon vouloir dire (inconscient), j’aurais aimé que mon conjoint entende que je voulais que nous allions nous coucher ensemble sachant que je ne souhaitais pas y aller seul.

Or, ayant utilisé le dire à la place du vouloir dire, je me vois prendre la direction du coucher, laissant mon conjoint plongé dans sa lecture, dans son film, dans son match ou dans sa discussion téléphonique avec un copain alors que mon « il est tard » avait pour intention de sensibiliser mon conjoint à une chose précise. 

Réveiller l’inconscience

À partir du moment où vous vous trouvez inconsciemment dans le vouloir dire et que votre formulation ressemble à du dire, vous êtes responsable de ce que vous vivez. Si vous êtes dans le vouloir dire, il vous incombe de chercher à faire en sorte que votre conjoint comprenne ce que vous voulez dire, sans vous contenter de laisser accueillir ce que vous dites (le dire) selon sa propre perception. 

Parce que si vous dites « il est tard » et que vous allez vous coucher seul en ressentant de la frustration, vous êtes responsable de votre frustration. Vous n’avez rien demandé à votre conjoint ! Vous n’avez pas émis de verbalisation disant « je trouve qu’il est tard. J’aimerais que nous allions nous coucher ensemble. Qu’en penses-tu ? »

Si vous avez formulé tout cela et que votre conjoint vous dit ne pas vouloir aller se coucher en même tant que vous, vous pourriez, soit décider d’aller vous coucher avec votre frustration (qui se trouve être éclairée cette fois-ci, puisque vous avez fait votre démarche de vouloir dire), soit poursuivre la communication avec votre conjoint lui exprimant votre fort désir d’aller vous coucher ensemble. Ainsi, vous entrerez dans une relation (= une création de lien, ce qui est l’étymologie de relier : lier à…). 

Un chemin vers la communion conjugale

Le vouloir dire est un domaine dans lequel vous pouvez véritablement entrer communion conjugale. Ainsi, vous pouvez ne plus vous contenter de seulement dire et de vous balader tout seul avec vos frustrations, vos déceptions ou votre plaisir isolé. C’est peut-être le cas si vous rentrez à la maison en disant « j’ai vécu un super match » et que votre conjoint vous réponde : « ah oui ! c’est chouette ». Ce n’est peut-être pas ce que vous vouliez. Vous auriez voulu que votre conjoint vous pose des questions comme : 

  • Que s’est-il passé ?
  • Qu’est-ce qui fait que tu as trouvé ce match super ?
  • Est-ce que tu as marqué un but ?
  • As-tu bien défendu ?
  • As-tu l’impression d’avoir de t’être surpassé ?
  • Est-ce l’esprit d’équipe qui fait que tu trouves que ce match génial ?
  • Etc. 

Cette simple affirmation « j’ai vécu un super match » montre qu’il est possible de trouver du vouloir dire là où l’on pensait ne trouver que du dire. Le comprendre permet d’ouvrir une porte toute grande pour entrer en relation et favoriser la communication, voire, la communion, l’étape qui découlera d’une véritable communication profonde. 

Je vous rappelle que bon nombre de vos frustrations sont les conséquences d’une absence de conscience de ce que vous vouliez dire. Dans le cas contraire, vous feriez en sorte que la relation se vive en verticalité, en plongée ou en spéléologie intérieure. Cela aurait pour effet que votre couple entre dans une communication débouchant sur une communion. 

Si je reprends « j’ai vécu un super match » en incluant que vous avez résolument choisi d’entrer dans une communication vous conduisant à la communion, votre soirée prendra une toute autre direction que si vous considérez cette phrase comme une simple transmission d’information. Dans le deuxième cas, vous pourrez vous contenter de « ah ! C’est chouette ».

Peut-être serez-vous satisfait si votre intention était uniquement de transmettre une information. Par contre, si vous vouliez vivre une relation plus intense, vous ouvrir en ayant gardé la bouche et les oreilles ouvertes après avoir énoncé votre phrase, vous risquez de vivre une frustration.

Vous serez toujours responsable de vos émotions 

J’insiste pour dire que, quoi que vous viviez, vous êtes toujours responsable de vos émotions (et je pèse le mot toujours). 

En remettant les choses dans l’ordre, vous êtes responsable de vos valeurs, croyances, pensées, émotions et actions. 

Cela signifie, même si votre conjoint ne vous écoute pas avec l’attention à laquelle vous aspiriez, que quand vous lui avez dit « j’ai vécu un super match » ou « j’ai beaucoup aimé la soirée », vous êtes responsable de la frustration que vous vivez. 

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Même si vous avez terminé votre phrase la bouche ouverte et les oreilles tendues pour que votre conjoint entre dans la communication visant la communion, le non-aboutissement pouvant vous mener à la déception, la tristesse ou la colère, vous confère la responsabilité de vos émotions. 

Vous êtes toujours responsable de vos émotions. Vous n’aurez jamais raison de dire  « si je suis en colère, frustré, déçu… c’est à cause de mon conjoint » ou de quiconque d’autre. Vous êtes seuls responsables de vos émotions parce qu’elles trouvent racine dans vos pensées qui, elles-mêmes, trouvent racines dans vos croyances, qui elles-mêmes, trouvent racine dans vos valeurs.

La témérité est tout à fait louable quand elle ne néglige pas le respect de la liberté d’autrui

Par conséquent, quand vous vivez une relation avec une intention de vouloir dire précis, dépassez le simple facteur émotionnel en vous disant « Je ressens telle émotion et j’en suis responsable. OK, et je suis aussi responsable de mon action». 

Fort de cette conviction, vous pouvez vous retourner vers votre conjoint, le regarder dans les yeux, lui prendre les mains, lui proposer de mettre son film ou son match sur pause et lui dire que vous aimeriez bien discuter ensemble. 

Il n’y a pas de secret : si vous voulez quelque chose, mieux vaut chercher à obtenir plutôt que d’attendre qu’on vous le propose.

Attention : respectez la liberté de votre conjoint. S’il vous dit qu’il n’a pas envie et qu’il préfère continuer à échanger avec son ami au téléphone, regarder son film ou son match, vous gérerez votre émotion en étant toujours responsable de cette dernière. Cela n’exclut pas la possibilité de vous battre pour ce à quoi vous vous tenez. 

L’idée n’est pas de vous battre contre votre conjoint, mais de vous battre pour vivre ce que vous voulez vivre. Souvenez-vous que la conjugalité fait de vous deux personnes positionnées dans la même équipe. Il n’y a pas d’équipe adverse dans un couple. 

La témérité est tout à fait louable quand on veut obtenir ce à quoi on tient quand elle est en équilibre avec la capacité à respecter la liberté de l’autre.

couple frustration heureux

Fondons-nous sur les quatre exemples mentionnés au début de cet article en adoptant la démarche centrée sur le vouloir dire. Ainsi, elle nous permettra de déboucher sur des options variées et enrichissantes. Avançons exemple par exemple. 

Exemple pratique n°1 : échanges sur le vouloir dire  « J’ai froid »

  • J’ai froid
  • Ah oui ! Tu as froid
  • Oui, en fait, je ne me sens pas très bien.
  • Est-ce que tu voudrais que je monte le chauffage ? Préfères-tu que je t’amène une veste ?
  • Non, non, ça va aller, merci.
  • Vraiment ?
  • Oui, oui, ça va.
  • Mais, tu m’as dit que tu avais froid. Etait-ce juste par besoin de partager cette info avec moi ou avais-tu une attente particulière ? 

(Avec cette question d’ouverture, vous voyez que cela permet de tendre la perche une nouvelle fois pour s’assurer que le conjoint ne tente pas de se retenir en ayant la crainte de vous embêter, de vous agacer ou d’abuser de notre bienveillance). Poursuivons l’exemple :

  • Non, non, je t’assure que je voulais juste partager mon ressenti avec toi.
  • D’accord

Il existe un autre chemin :

  • C’est vrai, j’aimerais bien une veste, mais je ne voulais pas te déranger
  • Écoute, je pense que tu peux me le dire. Je me ferais un plaisir de l’entendre en ayant la complète liberté et responsabilité de te dire si je n’ai pas envie de me déplacer. Au pire, je peux même t’encourager à aller la chercher toi-même en te disant « vas-y, vas-y ! » Cela dit, ça me convient d’aller t’en chercher une. Tu préfères laquelle ? 

Vous avez remarqué, dans cet exemple, que j’ai emprunté une voie ou une autre tout en restant ouvert au vouloir dire

Exemple pratique n°2 : échanges sur le vouloir dire « il est tard »

  • Il est tard
  • Pourquoi tu me dis ça, mon amour ?
  • Parce que je… Je commence à piquer du nez
  • Tu voudrais aller te coucher ?
  • Oui, je vais aller me coucher
  • Tu me dis ça parce que tu voudrais que j’aille me coucher avec toi, c’est ça ?
  • Non, non, pas du tout, je te disais ça parce que je voulais juste te le dire c’est tout.
  • Tu es sûr ? 
  • Oui, oui. 
  • En tout cas, merci d’avoir eu l’intention de…

Voici un autre chemin sur le même dialogue : 

  • Tu me dis qu’il est tard parce que tu aimerais que j’aille me coucher en même tant que toi ?
  • Oui, c’est vrai que j’aimerais qu’on aille se coucher ensemble.

J’ai choisi deux voies pour vous montrer qu’il y a d’autres directions possibles que celle à laquelle on penserait en premier. Cela dit, même si je n’ai pris que deux options, je vous informe qu’il en existe environ 75 millions ou plus :-). Des milliers de voies existent pour une seule personne. Comprenez que le champ des possibles est immense.

Exemple pratique n°3 : échanges sur le vouloir dire « j’ai beaucoup aimé la soirée »

  • J’ai beaucoup aimé la soirée
  • Ah oui ! Qu’est-ce qui fait que tu as tant aimé cette soirée ?
  • Je l’ai beaucoup aimée parce que ceci, parce que cela…
  • Je comprends. Ça t’a vraiment fait du bien de vivre…
  • Ah ! Oui, vraiment…

Ici, j’ai opté une direction d’ouverture permettant à mon conjoint d’approfondir les raisons pour lesquelles il me donnait cette information. J’ajoute que le simple fait de partager son bonheur participe en faire accroître la sensation. 

Exemple pratique n°4 : échanges sur le vouloir dire « j’aimerais bien prendre du temps pour moi »

Dans ce quatrième exemple, je partirai dans la même direction, à savoir « donne-moi les raisons pour lesquelles tu me dis ce que tu dis ».

  • J’aimerais bien prendre plus de temps pour moi
  • Hein, hein, tu as l’impression de ne pas en prendre suffisamment…

Vous voyez que cette formulation revêt une forme d’interro-affirmation (une question non interrogative). Elle permet de dire : «il me semble avoir compris le fond de ce que tu veux dire et je t’invite à continuer à le développer». Le principe consiste donc à aller dans la même direction que ce qui vient d’être entendu en utilisant une technique de miroir (ou de reformulation synonymique, différente de la répétition) pour que l’autre se dise « j‘ai bien été compris ».  

En l’appliquant à l’exemple que nous venons de prendre, je pourrais poursuivre ainsi :

  • J’aimerais bien prendre plus de temps pour moi…
  • Tu as l’impression de ne pas en prendre suffisamment, c’est ça ?

(Il y a de très grandes chances que le conjoint dise oui ou non). Poursuivons avec une option négative :  

  • Non, j’ai l’impression d’en prendre suffisamment, mais j’ai l’intention de le faire davantage parce que.…

Un regard de plus sur l’exemple n°4

Et une option positive : 

  • Oui, en effet j’ai l’impression de ne pas en avoir suffisamment ce qui fait que j’ai envie d’en prendre davantage.

Je pourrai ainsi poursuivre dans ma relation, en ayant pour objet de continuer à chercher à comprendre pour conduire mon conjoint vers la conviction que je suis profondément intéressé par ce qu’il dit (à ne faire que de manière honnête et intègre, s’il vous plaît) :

  • Comment vois-tu cette possibilité de prendre davantage de temps pour toi ? À quoi ça ressemblerait ?

Cette question est tellement ouverte que mon conjoint pourrait me dire : 

  • Je n’en sais rien

J’ai sciemment choisi de vous présenter cette option parce de blocage apparent. Vous pouvez, en effet, vous retrouver face à une incapacité à répondre à la question posée. Elle est généralement source d’inconfort alors qu’il est nécessaire de savoir accueillir cette indécision ou ce flou manifeste. Poursuivons l’exemple en exploitant ce flou :

  • Tu ne vois pas du tout à quoi ça pourrait ressembler ?
  • Non, je ne sais pas, vraiment… eh… Aucune idée, vraiment…
  • Quand je pense à ces choses que tu aimes, est-ce que tu voudrais dire que tu aimerais prendre plus de temps pour aller faire du shopping avec tes copines ? Jouer au golf avec des copains ? Reprendre la musique ?… Rien de tout ça ne te parle ? Ça reste assez flou pour l’instant ?
  • Oui, ça reste flou, mais en entendant ce que tu viens d’évoquer, ça commence à me donner à penser que…

Vous voyez que, même devant un conjoint qui ne sait pas trop où s’orienter, il est possible de centrer son attention sur ce qu’il veut dire et veut vivre. Ainsi, il sera aidé à cheminer en lui-même, finalement.

Et puis, la deuxième option, si votre conjoint vous dit avoir l’impression de ne pas prendre assez de temps pour lui-même, pourrait se poursuivre par :

  • Oui, c’est vrai.
  • As-tu une idée de ce que tu veux vivre en ayant plus de temps pour toi ?
  • Oui, j’aimerais bien…
  • Et là, vous verrez les choses se dérouler naturellement. 

Prendre conscience de sa propre intention

Je vous demande d’être conscient du mode dans lequel vous voulez vous installer quand vous parlez en couple. Parlez-vous pour dire ou pour vouloir dire ? Ce sera un moyen de limiter la frustration, la déception, l’impression de solitude et le ressenti de type « parle à ma main ».

De la même manière, faites en sorte d’identifier le mode sur lequel votre conjoint se positionne : est-ce du dire ou du vouloir dire ?

Ne vous contentez pas de penser « il m’a dit ça et je m’en contente ». Si votre conjoint vous dit « Bob me prend la tête ! », Ne vous contentez pas de dire : «Ah oui», ni même, «ça ne me surprend pas, il est comme ça ». Comprenez que c’est une manière de dire : « j’ai entendu ce que tu m’as dit et je t’envoie un signe en retour pour que tu sois informé du fait que tu n’as pas parlé à un mur, mais ce sujet ne m’intéresse pas, tout comme ce que tu ressens ne m’intéresse pas, d’ailleurs ». 

Que face à l’information, vous puissiez vous arrêter en disant : « il te prend la tête ! ». Suite à quoi vous verrez un « oui, parce que… » se dérouler naturellement, permettant à votre conjoint d’exprimer ce qu’il ressent en se sentant exister à vos yeux. 

Il continuera à s’ouvrir pour vous dérouler ce qu’il veut dire parce qu’il se sera senti entendu.

Au boulot !

Je vous souhaite de beaux moments d’entraînement à travailler avec le dire et le vouloir dire.

Il est tout à fait acceptable que vous vous plantiez puisque c’est dans l’entraînement et la pratique répétée que vous arriverez à percevoir tout cela. L’important est d’essayer en incluant les plantages ;-. ) Souvenez-vous de vos débuts à vélo. Combien de fois êtes-vous tombé ? Combien de ss avez-vous eu ?

Lancez-vous dans cet exercice du dire et du vouloir dire. Amusez-vous et découvrez, les yeux écarquillés, qu’en vous positionnant dans l’accueil d’un vouloir dire, même si l’émetteur voulait seulement vous donner une information (dans le dire), des choses magnifiques se produiront.

La communication s’instaurera, débouchant, bien souvent, sur de la communion. Cela signifiant que vous devenez un, vous rapprochant l’un de l’autre.

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