Ce que les hommes taisent pour rester solides

Ce que les hommes taisent pour rester solides

Image de Pascal Quionquion

Pascal Quionquion

Il y a beaucoup de choses que des hommes ne disent pas. Pas parce qu’ils n’ont rien à dire. Pas non plus parce qu’ils ne ressentent rien, contrairement à ce que certaines partenaires finissent par croire quand elles se répètent : « Il est insensible, donc il ne dit rien. » S’ils se taisent, c’est souvent pour une raison beaucoup plus simple, et beaucoup plus lourde : ils ont appris très tôt que pour rester solides, il valait mieux se taire.

Être solide, pour un homme, ce n’est pas seulement être fort. C’est tenir, assurer, ne pas devenir un poids ni un problème. C’est rester droit quand ça tangue, garder la tête froide, encaisser sans faire de bruit. Et, surtout, ça passe par un silence intérieur que presque personne ne questionne. Parfois, ce silence est même regardé comme un mystère, une bizarrerie, ou une forme de « nature masculine ».

Aujourd’hui, on va mettre des mots sur ce silence. Pas pour pousser les hommes à se livrer à tout prix. Pas non plus pour les accuser d’être fermés ou distants. L’objectif est plus utile : comprendre ce qui se joue derrière ce calme apparent, derrière cette stabilité qui rassure tout le monde… sauf parfois celui qui la porte. Ensuite, on va redéfinir une solidité plus saine : une solidité qui ne te demande pas de te perdre pour « que ça tienne ».

PARTIE 1 — Ce que “rester solide” veut vraiment dire… et ce que ça ne veut pas dire

Dans beaucoup de têtes d’hommes, « rester solide » veut dire être fiable, stable, constant. Et si on s’arrêtait deux secondes là-dessus, on mettrait une croix rouge sur ce raccourci. Parce que non : être solide ne signifie pas être immobile. On peut être solide et flexible. On peut être solide et vivant. On peut même être solide et traversé.

Pourtant, il y a une confusion très fréquente : tu crois que parler de ce qui te pèse va inquiéter ton partenaire. Alors tu fais un pari silencieux : tu contiens pour protéger. Tu te dis que si tu gardes la tête froide, si tu ne montres pas tes doutes, tu sécurises l’ambiance. Or c’est souvent l’inverse qui se produit. Le silence total n’apaise pas toujours. Parfois, il inquiète. Parce qu’un mutisme, quand on ne sait pas le lire, ressemble à une distance, voire à un retrait affectif.

Ce que « rester solide » veut dire, dans ta version intérieure, c’est souvent : ne pas être un problème de plus. Tu veux garder ta posture, tenir le buffet, ne pas flancher. Même si ce n’est plus le vieux cliché du gamin qui répète « même pas mal », il y a encore, quelque part, cette logique : « Si je craque, je perds quelque chose. » Et tu as raison sur un point : si tu craques, quelque chose se passe. Mais tu te trompes sur l’objet réel de la perte. Ce que tu risques de perdre, ce n’est pas forcément le respect de l’autre. C’est toi, à force de te taire.

PARTIE 2 — Les quatre choses que beaucoup d’hommes taisent, et pourquoi ils les taisent

Derrière le silence masculin, il y a rarement du vide. Il y a du contenu. Et souvent, ce contenu se répète sous quatre formes.

D’abord, il y a la fatigue intérieure. On parle beaucoup de charge mentale chez les femmes. On parle moins de charge mentale chez les hommes. Pourtant, elle existe. Simplement, elle se présente autrement : pas sous forme de listes, mais sous forme de tension diffuse. Beaucoup d’hommes n’appellent pas ça « charge ». Ils appellent ça « je suis impuissant », « je ne suis pas à la hauteur », « je ne sais plus quoi faire ». Alors qu’en réalité, c’est un trop-plein. Un cerveau qui chauffe, une pression qui s’accumule, une obligation d’être fiable, encore, encore, encore.

Ensuite, il y a le doute sur la place. Est-ce que je suis à ma place dans ce couple ? Est-ce que je suis l’homme qu’elle attend ? Est-ce que je suis le père que je voudrais être ? Et, surtout, quand les remarques s’additionnent, tu finis par traduire ça en : « Je suis incompétent. » Là, ton système intérieur cherche une solution rapide. Et la solution la plus simple, c’est souvent de disparaître un peu : se taire, faire le moins de vagues possible, éviter l’arène.

Créer sa place plutôt que la tenir 

Sauf que la place, personne ne te la donne. Et personne n’a à te la « laisser ». Dans un couple, la place se crée, se construit, s’installe. Ça ne veut pas dire imposer sa place comme une domination. Ça veut dire l’habiter. Et si tu ne l’habites pas, tu peux vivre dix ans avec des moments agréables sans jamais vraiment exister en tant que toi. Un jour, tu te réveilles en disant : « Je n’ai jamais été bien dans ce couple. » Et l’autre tombe de haut, parce que, de l’extérieur, tout avait l’air « correct ».

Troisième chose : la peur de décevoir. Tu n’as pas peur uniquement d’échouer. Tu as peur d’être vu en difficulté. Tu as peur que ton incapacité ponctuelle soit interprétée comme une valeur générale : « Il n’est pas fiable. » Alors tu tiens une posture. Tu promets, tu fais, tu encaisses. Et tu t’interdis d’avouer que certains jours, c’est trop lourd.

Enfin, il y a l’impression de devoir tenir encore. Toujours. Comme si c’était ta fonction. Comme si ton rôle était de porter l’ossature du couple. Là, tu confonds solidité et rigidité. Et cette confusion t’affaiblit. Parce que plus tu joues au « solide », plus tu t’épuises. Et plus tu t’épuises, plus tu deviens fragile. C’est le paradoxe le plus cruel : sous couvert d’être fort, tu construis ton usure.

PARTIE 3 — Le coût réel du silence : ce n’est pas “ne rien ressentir”, c’est “contenir”

Il y a une phrase que tu dois garder. Se taire, ce n’est pas ne rien ressentir. C’est contenir. C’est « prendre sur soi ». Et prendre sur soi, quand tu as déjà une fatigue intérieure, un doute sur ta place, une peur de décevoir et un sentiment de devoir tenir, c’est la recette d’un craquage.

Le silence n’est pas neutre. Il accumule. Il compresse. Il met le corps en tension. Puis, un jour, tu ne comprends même plus pourquoi tu es irrité. Tu réponds sèchement, tu envoies bouler pour une broutille, tu te sens agressif sans raison claire. En réalité, il y a une raison : tu es plein. Simplement, tu n’as pas appris à vider. Alors ça sort n’importe comment, à n’importe quel moment, sur la mauvaise personne, avec la mauvaise intensité.

Le besoin vital de respirer sans s’effondrer

À ce stade, tu peux aussi développer une distance intérieure. Tu te surprends à vouloir fuir ton partenaire, non parce que tu ne l’aimes pas, mais parce que tu veux respirer. Tu fantasmes un sas : prendre la voiture, rouler, rouler, rouler. Être seul. Taper dans un punching-ball. Voir des potes, parce qu’avec eux tu n’as pas cette charge. Tu cherches un endroit où tu n’as pas besoin d’être « le pilier ».

Parfois, tu vas même jusqu’à te dire : « J’ai envie de partir. » Et là, il faut être précis. Tu n’as pas forcément envie de quitter ton partenaire. Tu as envie de quitter la souffrance. Tu veux arrêter de faire bonne figure. Tu veux arrêter de jouer le mec fort, celui qui ne flanche jamais. Tu veux arrêter d’être ton propre coffre-fort.

Le problème, c’est que si tu tiens davantage à la relation qu’à toi, tu imploses. Et quand tu imploses, tu abîmes la relation que tu voulais protéger. Donc la vraie question devient simple : comment rester engagé dans ton couple, sans disparaître à l’intérieur ?

" Refuser ou négliger d’être ce que tu penses, c’est participer à t’abîmer peu à peu, à t’éroder, à perdre une partie de ta propre essence."

PARTIE 4 — La bascule : arrêter le mythe de la solidité et choisir une solidité mature

Il y a un moment où tenir n’est plus une option. Et ce moment n’a pas besoin d’être une crise. Au contraire, si tu attends la crise, certaines choses peuvent devenir irréversibles. Le couple peut survivre, bien sûr. Toutefois, il peut aussi se déchirer plus qu’il n’était nécessaire. Alors la bascule saine, c’est une bascule lucide : calme, posée, adulte. « Je ne peux plus faire comme si. Je ne veux plus faire bonne figure. »

Ce n’est pas un moment de faiblesse. C’est un signal de maturité. Tu reconnais que tu es toi. Et, à partir de là, tu peux enfin regarder ce qui est vrai : tes forces, tes limites, tes capacités et tes incapacités, tes envies, tes peurs. Tu arrêtes d’espérer qu’en tenant plus fort, ça ira mieux. Tu réalises que tenir plus fort est souvent ce qui t’abîme.

Parler vrai ne fait pas fuir l’amour, il le rend enfin possible

À cet endroit, il y a un risque que ton cerveau dramatise : « Si je m’ouvre, elle va me découvrir… et partir. » Ce scénario fait peur parce qu’il touche à la honte et au rejet. Pourtant, dans l’immense majorité des relations, quand un homme parle vrai, il se passe l’inverse de ce qu’il redoute : il y a une rencontre. Beaucoup de partenaires se disent : « J’aurais aimé le savoir avant. Je ne savais pas que tu portais tout ça. Comment tu vis les choses ? »

L’idée n’est pas que tu parles plus. L’idée, c’est que tu parles vrai. Tu n’as pas besoin de déballer tout ce qui passe dans ta tête. En revanche, tu as besoin de sortir du théâtre : celui où tu joues l’infaillible pour mériter l’amour. Parce que tu n’as pas à mériter ton partenaire. Tu as à être en relation avec lui ou avec elle, en restant toi.

Et là, on peut redéfinir la solidité : être solide, ce n’est pas porter seul. Ce n’est pas se taire à tout prix. Ce n’est pas disparaître pour que ça tienne. La vraie solidité, c’est rester présent face à ce qui arrive, même secoué, sans s’abîmer. C’est fléchir sans casser. C’est comprendre que le roseau plie et survit, quand le chêne, trop rigide, casse.

PARTIE 5 — Le levier concret : passer du silence à l’acte intérieur, puis à la parole juste

Tu peux commencer maintenant, sans révolution. Pas besoin d’un grand discours. Pas besoin d’un épisode dramatique. Il suffit d’un premier acte intérieur, puis d’un premier acte relationnel.

Le premier acte intérieur, c’est arrêter de contenir à tout prix. Ça peut être très simple : tu prends un stylo, et tu écris une phrase qui t’oblige à sortir du mythe. Par exemple : « À partir d’aujourd’hui, je n’accepte plus de tenir à tout prix. » Tu peux y ajouter ce qui est vrai : « J’accepte de regarder mes limites. J’accepte de chercher ma place. J’accepte que mon partenaire puisse être déçu par moments. J’accepte d’être moi. »

Ensuite, vient l’acte relationnel : une parole courte, claire, vraie. Pas une plainte. Pas une accusation. Une phrase qui ouvre un espace. Tu peux dire : « J’ai porté beaucoup de choses en silence parce que je voulais être solide. Et je me rends compte que ça m’épuise. J’ai besoin qu’on en parle autrement. » Tu n’accuses pas. Tu te révèles. Et tu proposes une direction.

Reprendre sa place sans s’excuser d’exister

Sors d’une prison confortable. Parce que oui, la solidité fantasmée rassure l’extérieur. Et, en même temps, elle t’enferme. Plus les autres te voient « gérer », plus tu te censures : « Si j’avais un problème, je dirais quelque chose… donc si je ne dis rien, c’est qu’il n’y a pas de problème. » C’est exactement cette logique qui te piège.

Tu peux aussi agir sur ta place, au lieu de l’attendre. La place ne se mendie pas, ne s’arrache pas, ne se subit pas. Elle se construit. Ça peut passer par une demande simple : « J’ai besoin qu’on clarifie comment on décide, comment on se répartit, comment on se parle. » Ce n’est pas une revendication de pouvoir. C’est une revendication d’existence.

Enfin, retiens ce point : ce que les hommes taisent pour rester solides abîme les hommes qui se taisent. Et, par voie de conséquence, ça abîme leur couple. Donc prendre soin de l’homme que tu es, ce n’est pas égoïste. C’est responsable. Tu ne protèges pas ton couple en te sacrifiant. Tu le protèges en redevenant vivant.

La vraie solidité devient une présence qui ose dire

Tu n’as pas besoin de devenir un homme qui parle tout le temps. Tu as besoin de devenir un homme qui ne se trahit plus en silence. Parce que la solidité que tu cherches n’est pas une armure. C’est une présence. Une présence qui sait dire : « Là, c’est trop lourd. Là, je doute. Là, j’ai besoin de reprendre ma place. » Et cette présence-là, paradoxalement, rassure bien plus qu’un mutisme héroïque.



Ce qui fait la force des programmes Couple Heureux

Premier point fort

Pascal mise sur une approche très personnalisée avec des coachings, questionnaires et entraînements efficaces.

Deuxième point fort

Des audios percutants vont éclairer ta réalité et booster ta vie solo ou conjugale.

Troisième point fort

Tu as accès à Pascal 7j/7 pour répondre à tes questions par message ou audio.

Va plus loin

Ça va t’intéresser

Ce que les hommes taisent pour rester solides

Il y a beaucoup de choses que des hommes ne disent pas. Pas parce qu’ils n’ont rien à dire. Pas non plus parce qu’ils ne ressentent rien, contrairement à ce que certaines partenaires finissent par croire quand elles se répètent : « Il est insensible, donc il ne dit rien.Je veux progresser…

Inscris-toi à la newsletter

Tu seras informé des offres spéciales, des sorties de podcast, articles et nouveau produits Couple heureux ⎪Ton email ne sera jamais vendu ou partagé(e)

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.